11th décembre 2009

CV Vidéo : l’affaire rebondit

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5th octobre 2009

Orange ô désespoir

Allez, cette histoire de suicides chez France Telecom…

A ma droite, un management missionné pour transformer une bureaucratie mue par le souci technique en une organisation agile, conquérante et mue par le service au client. L’ouverture à la concurrence déplace l’enjeu de performance : moins de technique, plus de ventes : il faut donc muer les techniciens en vendeurs.  L’éléphant France Telecom doit devise-hrm-3.jpgapprendre à danser. Tous les stimuli sont bons : la mobilité en fait partie. Plus de la moitié des effectifs a changé de métier entre 1997 et 2002 (Le Monde, 30 sept). Rester dans son poste trop longtemps, c’est faire de la mauvaise graisse. Être mobile c’est montrer et développer son adaptabilité. Comme l’immense majorité des entreprises, France Telecom a donc transformé la garantie de carrières en garantie d’employabilité. En d’autres termes, l’entreprise ne s’engage plus sur le résultat (l’emploi) mais sur les moyens. Elle fournit des formations et informe des opportunités,  mais il revient aux salariés de gérer leurs carrières en piochant dans ces ressources. Idéalement, ces pratiques veulent autant le bien des salariés que celui de l’actionnaire : elles devraient rapprocher les “talents” et les emplois mais aussi rendre aux salariés le pouvoir décisionnaire  de leurs carrières (”put employees back in control of their lives” écrivaient Waterman, Waterman & Collard en 2000).

A ma gauche, des salariés dont 65% sont des fonctionnaires (Financial Times du 3 oct). Probablement venus là pour la sécurité, ils attendent de leurs carrières une progression en salaires et en responsabilités modérée. Une progression lente mais garantie fait partie du “deal” de départ.

Entre les deux, par quelque bout qu’on prenne le problème, les indicateurs sociaux virent au rouge : en 2008, le taux de démission s’est piou-chocottes.jpgenvolé à 15,3%, l’absentéisme pour maladie atteint 1,8 million de journées, 37 salariés ont tenté un suicide et 22 000 emplois ont disparu (Le Monde du 30 sept). Cerise sur le gâteau : 9 médecins du travail ont démissionné. Pourtant, France Telecom n’est pas la première entreprise qui doive accompagner ce type de changement. Bouygues Telecom l’a fait aussi mais figure dans le palmarès Great Place to Work des entreprises où il fait bon vivre. J’ajoute que des entreprises aussi gigantesques que France Telecom figurent aussi en bonne place dans ce classement. Le problème ne vient donc ni de la taille, ni du secteur, ni du transfert des techniciens. Alors, quoi ? Alors deux gaps n’ont pas été pris en compte. Entre l’injonction à gérer sa carrière et la capacité à le faire, il y a un gap… Entre la culture de service public et la culture de la mobilité, de l’opportunisme et de la stratégie nécessaires dans l’univers concurrentiel, le gap est encore plus grand. Les salariés de France Telecom ont choisi leur employeur pour la liberté et la sécurité. Le coup de canif dans ce contrat de départ est grand… C’est dans ce trou béant que s’engouffrent les trouilles classiques (souvent justifiées) : l’employeur cupide,  la GRH exploiteuse… On adore détester Didier Lombard dans le rôle du cost-killer sanguinaire “à la recherche obsessionnelle du profit” (dixit Christian Mathozel, élu CGT France Telecom).

C’est bien là le noeud du problème chez France Telecom : il y a incompatibilité entre, d’une part, les valeurs de compétitivité et de dépassement de soi promues par les nouvelles règles de mobilité et, d’autre part, les valeurs de sécurité et d’excellence technique des salariés. Ça n’est pas si rare que ça, finalement, qu’on cherche à greffer des outils de management dont la philosophie est en opposition avec les valeurs historiques de l’entreprise : on fait même de ce genre de pratiques des leviers de changement. Encore faut-il scénariser et organiser comment les salariés vont pouvoir cheminer d’un univers à un autre. Ici, au delà des process de GRH, des bourses emploi et des chartes de mobilité, il existe un réel besoin d’éducation à la carrière. J’appelle ça la compétence à s’orienter ; on l’appelle ailleurs la résilience de carrière. Il s’agit bien de montrer aux salariés les règles, les coups et les bottes du jeu de stratégie complexe auquel on veut les faire jouer.

PS 1 : quelques voix prennent la défense de France Telecom. Deux perles parmi d’autres : 

  • Le Figaro verse une larme sur le phénomène général du suicide dans notre pauv’ monde et déplore le caractère fichtrement mystérieux de ses causes. En clair, des déprimés chroniques nous entourent, nul ne sait réellement d’où ça leur vient et France Telecom n’y peut rien.
  • Pourquoi des suicides sur le lieu de travail ? Pour “épargner la famille”, nous suggère un blogueur francophone : c’est évidemment “pour éviter d’être découvert par les enfants.” Une ultime délicatesse qui apaisera probablement grandement leur peine…

PS 2 : désolé pour le titre, je n’ai pas pu m’en empêcher…

PS 3 :  depuis hier, 4 mails de cabinets d’avocats qui veulent tout me dire sur la légalité de la clause de mobilité.

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6th septembre 2009

Facebook : how to…

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12th juillet 2009

Manager sa vie ? à propos de “CEO of me”, H. Kossek : vidéo en ligne

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23rd juin 2009

Colloque 2009 : les vidéos bientôt disponibles

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